Près de Saint Lazare…

They were in love, already a little in 1955, captured by a street photographer that no longer exist. Now that the iPhone has replaced the Polaroid … My mum and dad in discussion. Almost certainly they were talking about opera singing … I added a pic of their wedding here…

Près de Saint Lazare, 1955

Ils étaient amoureux, déjà, un peu en 1955, captés par un photographe des rues comme on n’en fait plus. Maintenant que l’Iphone a remplacé le Polaroid… Ma mère et mon père en pleine discussion. Presque certain qu’ils parlaient chant… J’ai ajouté une photo de leur mariage ici…

Publicités

Gilles the waiter

Gilles fume sa cigarette sur le trottoir. Il fait bien frisquet ce matin, boulevard de Courcelles. Sous le ciel gris, la bouche de métro éjecte par intervalles un contingent de citoyens pressés dont certains s’arrêtent au kiosque pour acheter le journal. Gilles est serveur à la brasserie. Il porte  cravate et tablier blanc. Il a une bonne bouille de garçon à l’ancienne, avec plein de cheveux gris domestiqués au Petrol Hahn et une moitié de barbiche qui lui zèbre le menton. A la main, son accessoire de fonction, un plateau rond sur lequel s’ordonnent les tasses, les carafes, les croissants un peu mous, l’addition redoutée qui indique, sous le nom de l’établissement « Depuis 1884 » en lettres italiques avec pleins et déliés. A bien regarder Gilles et le naturel fascinant avec lequel il évolue dans la salle, on a l’impression qu’il travaille là depuis l’origine, Bien sûr, le col de sa chemise est bien un peu froissé, ses yeux se fatiguent plus souvent sous les lunettes à monture métallique mais il continue de sourire en apportant ses boissons sur les tables des types en costard qui discutent ferme de trucs vachement importants. En fait, pendant 12 ans, Gilles a travaillé chez Emmaüs et il a bourlingué à travers l’Europe pour aller remonter des communautés en crise ou en déshérence. C’est vous dire s’il en a rencontrés, des types bien détruits par les séparations, l’alcool, la drogue… des gars usés par la rue comme cet ancien pilote d’hélico anglais qui n’osait plus rentrer chez lui alors qu’il en crevait, de ne pas revoir ses filles. Gilles est rentré en France il y a un an et demi, et il a trouvé ce boulot. On voit bien à son regard qu’il a l’habitude d’écouter les autres, qu’il a pour l’autre cette attention dont le manque fait tant de mal. Et pourtant, ce n’est pas compliqué, il suffit de s’arréter, de regarder et de sourire.

Gilles smokes his cigarette on the sidewalk. It is very chilly this morning, boulevard de Courcelles in Paris. Under the gray sky, the metro ejects at intervals a contingent of busy citizens. Some stop at the booth to buy the newspaper. Gilles is a waiter at the brasserie. He wears tie and white apron. It has a nice face of an old boy, with lots of gray hair accommodated with Petrol Hahn and a half goatee crossing his chin. In his hand, the symbol of his function, a round serving tray on which are arranged cups, decanters, some chewy croissants, and a check that shows under the name of the institution « Since 1884 » in italics with thick and thin strokes. A good look at the fascinating natural behavior with which Gilles operates in the room, would make you think that he works there from the start. Of course, the collar of his shirt is a little wrinkled, his eyes get tired more often behind his metal-rimmed glasses but he continues to smile serving drinks on the tables of guys in suits who discuss about really important stuff. In fact, for 12 years, Gilles has worked at Emmaus and he knocked over Europe to go up of communities in crisis or dormant. This will tell you if he has met many folks destroyed by divorce, alcohol, drugs … guys worn by the street as this former English helicopter pilot who did not dare returning home while he was dying not to see his daughters anymore. Gilles went back to France a year  and a half ago, and he found this job. One can see in his eyes that he is used to listen to others with this attention, the lack of which causes so much harm. Yet it is not complicated, just stop, look and smile.

 

(c) Musefabe 2010

English translation follows…